Mangaphobie : le fléau des otakus

Tout commença dans les années 1970. 

La France découvre pour la première fois l'animation japonaise avec notamment des diffusions de productions Tezuka (AstroBoyLe Roi Léo), puis les premiers mechas (robots géants) de l'histoire (GoldorakMazinger Z...).

D'abord diffusées sur ORTF, c'est finalement l'émission Recré A2 sur Antenne 2 qui propulse la japanime ainsi que les tokusatsu (super héros japonais) à petit feu dans les foyers français pendant les années 1980.
Puis en 1987 et une majeure partie des années 1990, le Club Dorothée donne la vedette à la japanimation en la diffusant en masse, tandis que les salles diffusaient du Akira et du Ghost in the Shell OKLM.

Mais malheureusement, cet essor ne va pas du tout plaire aux puristes conservateurs, les élitistes de la télé, les petits fragilous du cathodique.

Ça commence dès les années 1980 où on accuse tranquillement le Japon de vouloir conquérir le monde à coup de dessins animés et de jeux-vidéo (parce que bon, c'est pas comme si les Américains l'avaient déjà fait avec le cinéma, la musique et les grandes marques hein), ouais sans déconner, les mecs ils croyaient vraiment que t'allais te mettre à vouloir niquer la France après un épisode de Candy.


Les types poussaient même le vice jusqu'à chier des points Godwin en voyant du nazisme partout.
La VF de Ken le Survivant fut une parodie plus qu'un vrai doublage car les comédiens croyaient voir un anime nazi, du coup ils ont menacé de quitter le studio si la prod ne les laissaient pas faire ce qu'ils voulaient.
Le point Godwin ultime ? Foutre la tête de Goldorak avec Hitler à côté (voir au début de l'article). Normal quoi.


Dans les années 1990, le Club Dorothée fit aussi couler beaucoup d'encre chez les petites natures de gauche en diffusant, entre autres des animes où ça se bastonnait sévère. 
Ainsi, tout le catalogue était censuré pour rien. Dans Nicky Larson (VF de City Hunter), il ne fallait pas surtout pas parler de flingue dans le doublage (pourtant c'est un peu la base de la série), alors on parle de "boulettes".

Ça et les dialogues de série abrégée avant l'heure.

Dans Nadia, le Secret de l'Eau Bleue, on censure carrément la mort. (Pourtant il y a des morts dans les Disney).
Alors je te parle pas de ce qu'ont mangé Dragon Ball ZSaint SeiyaKen le Surivant ou Ranma 1/2. Les ecchi (animes ou mangas à caractères sexy mais pas érotiques ni porno) devenaient vite des romances ringardes, rien que le titre français de Maison Ikkoku déjà tu te butes. Non mais Juliette je t'aime quoi.

Et comme si la censure ne faisait pas assez chier (en même temps quelle idée de foutre des animes pour ados dans une émission de gosses ?), tout le TV game s'en prenait au vilain Club Do pas beau à coup de clashes et de dramas par médias interposés.
"Bouh, les dessins animés sont trop violents, bouh c'est pas bien, ça va transformer nos enfants en tueurs en séries, bouh a grou grou !!!"
Putain la vie de ma mère, j'ai trop eu envie d'enculer une vieille et de manger des bébés quand j'ai regardé Totoro moi.

 

Et donc, une connasse gauchiste du nom de Ségolène Royal (oui la même qui a failli être présidente en 2007), sort un bouquin poubelle nommé Le ras-le-bol des bébés zappeurs pendant cette période. Un bouquin dans lequel la mère Royal se ridiculise en comparant par exemple les violents Bioman du Japon au tout doux Demetan (soit Keroro en VO... donc japonais. Merde alors).

Cela donnera naissance au troll le plus légendaire du Club Dorothée mais bon c'est pas le sujet.

 

Bref, grâce aux bobos gauchiasses élitistes sodomiseurs de petites filles, et aux journalopes de Télérama, les animes disparaissent à petit feu de l'émission, qui disparaîtra également en 1997 suite aux soucis avec TF1 après le lancement d'AB Sat par la boite de prod qui gérait le Club Dorothée mais bon ça on s'en branle.

 

Du coup, les anti manga et japanime pensent avoir gagné.

 

Et ben, dans le cul la balayette, car dès l'année 1998, c'est Canal+ (ceux-là même qui défonçaient le Club Do avec Téléramasse et Ségolaide), qui se met à diffuser des animes, et là, fuck la censure, si un perso doit dire merde il dira merde, si il y a une scène de ken, et ben on laissera la scène de ken, nous les diffuseurs d'animes de chez Canal+, on n'est pas des pédés.

Cette programmation d'animes sera récurrente sur la quatrième chaîne jusqu'en 2006, tandis que TF1, M6 et France 3 continuaient à faire les thugs en diffusant également quelques nouveaux animes (plus adaptés au jeune public mais japonais quand même).
Finalement, c'est la TNT et les chaînes câblées qui retireront les animes des chaînes préhistoriques en s'appropriant le catalogue, ce qui n'est pas plus mal cela va sans dire.

Et aussi, la France est devenue le deuxième pays où les mangas sont les plus vendus.

Ça va les tapettes de mangaphobes, c'est confortable la PLS générale là ?

Ah, on me signale que monsieur Éric Zemmour a quelque chose de gentil à affirmer en cette année 2010 (époque où est passé l'extrait vidéo ci-dessous).

Bref, ça c'était en gros l'origine de la mangaphobie en France.

Mais passons aux critiques en général histoire de les démonter une par une.

 

  1. C'est trop violent et sexuel pour les enfants.
    C'est sûr que si tu mets le film 3 de Berserk à ton môme de 5 ans hein, il va bien falloir lui expliquer ce qu'il fait le monsieur caché sous un masque de fer à la madame toute nue au bout d'un moment.
  2. C'est trop puéril.
    Ouais parce que quand c'est pas trop violent, c'est trop gamin, putain au bout d'un moment ferme ta gueule au lieu de changer d'avis quand ça t'arrange trou du cul.
  3. On comprend rien, c'est pas réaliste...
    Mec, tu cherches du réalisme dans un dessin animé et une BD ? T'es sérieux là ?
  4. C'est pour envahir notre culture.
    Ta culture, ça fait 60 ans que Hollywood l'a envahi s'te plaît. Puis peut-être que si on produisait des bons trucs aussi... Juste en 2008, le Japon avait Ponyo sur la Falaise et Sky Crawlers. Et en France c'est quoi le carton de cette année ? Bienvenue chez les Ch'tis ? Ah ouais....
  5. C'est mal doublé (pour les animes).
    Tiens, même les mangaphobes chient gratos sur les VF décidément.
  6. Il faut lire à l'envers donc c'est nul.
    Prendre une BD franco-belge, la montrer à un(e) asiatique. Attendre qu'il (elle) sorte "il faut lire à l'endroit donc c'est nul."
  7. C'est en noir et blanc donc c'est nul.
    Merde Jean Dujardin a eu un Oscar pour un film en noir et blanc pourtant. Et Steven Spielberg aussi. Ha ben merde alors.
    Et les BD publiées dans Fluide Glacial sont majoritairement en noir et blanc. Ha ben putain !!!!
  8. Tu regardes encore Dragon Ball Z à ton âge ? (tête du gars choqué)
    Tu regardes encore Les Anges de la Télé-Réalité à ton âge ? (tête du gars encore plus choqué).
  9. Les personnages sont trop cheatés.
    T'as pas du lire de comics toi.
  10. Les héros ne pensent qu'à se battre.
    Ben disons que si un gros monstre dégueulasse vient déglinguer toute une ville en menaçant de bousiller la planète, je pense pas que l'inviter chez Ruquier serait le truc à faire dans l'immédiat. 
  11. Y'a de la zoophilie dans les dessins animés japonais...
    Roger et Jessica Rabbit (tousse).
  12. ...Et de la pédophilie.
    Gouvernement français (re-tousse).

Écrire commentaire

Commentaires : 0